Une fois n’est pas coutume, nous aimons partir à la neige, comme une échappatoire à notre quotidien. Là-bas, on renoue avec la nature, les grands espaces, l’air. Pour notre plus grand plaisir…
Tout commence souvent avec une promenade en raquettes sur les hauteurs en face de Le-Monêtier-les-Bains, avec vue sur la vallée. Cette année, la neige est particulièrement tombée en quantité et tout est blanc. Un vrai repos pour l’esprit…
Nous montons en raquettes aux forts de Briançon. La montagne s’offre à nous sous son plus beau jour… Les nuages grignotent les sommets tandis que la neige dessine ses chemins, sur la route qui monte en zigzaguant au fort des Salettes.
Seuls dans le calme de la forêt, on entend le craquement des arbres, la neige qui fond et tombe, le bruit de nos pas. Tout à l’heure, on a aperçu un chamois…
Plus on monte, et plus on entre dans le brouillard. Les arbres se fondent dans la brume, pour une atmosphère encore plus magique et mystérieuse. Il y a tant de neige qu’on ne voit plus la route, qui, en été, serpente vers le sommet.
Depuis les pistes de ski, tout en haut des Alpes, on profite d’un magnifique panorama. Exposé à de telles beautés, l’esprit se renforce et se remplit de pensées positives.
A de telles hauteurs, les arbres sont blancs de neige. On a du mal à croire qu’on est sur une piste de ski, car elle est non damée. On se croirait presque au pays du Père Noël, en Laponie, mais ce sont bien les Alpes françaises.
Peut-on faire de plus beaux rêves que ceux que nous offrent ces arbres, laissant passer les rayons du soleil ?
La neige. Façonnée par le vent et le froid, elle expose ses plaies en silence, ignorant sa fragilité.
Pays de Neige est un roman japonais, de Yasunari Kawabata. Il met en scène un homme qui se retire au cœur des montagnes, pour y rencontrer l’amour en même temps qu’une purification.
Fascinée par ces paysages, je repense à ce livre. Comment ne pas se sentir exaltée par la montagne si belle, qui nous remet à notre place parmi les être vivants de la planète ? La montagne nous apaise, nous réconcilie, nous recadre sur les vraies valeurs de la vie. Elle nous purifie de notre vie urbaine et de son rythme lancinant.
Surpris dans le froid, les arbres se sont fait des cheveux blancs, mais cela leur rajoute du charme, vous ne trouvez pas ? L’hiver sait y mettre les formes pour nous séduire.
A Névache, on est presque au bout du monde. La route s’arrête, les voitures ne peuvent aller plus loin. Le reste, il faut le faire à pied, traverser les montagnes pour atteindre la Savoie ou l’Italie.
Au milieu de ce somptueux paysage coule une rivière. Elle doit être bien froide, avec la neige qui plonge dedans. Cette rivière, c’est la Clarée, qui alimente la Durance et qui prend sa source à 2433 m d’altitude.
Ici se rencontrent l’eau solide et l’eau liquide, dans un ruissellement qui appelle à la sérénité.
Puis, à la fin de la journée, après avoir fait le plein de l’énergie vitale livrée sans limite par la nature, on rentre vers la civilisation et ses chalets de montagne, sous les nuages roses du soleil couchant.
Ainsi se termine ce voyage au pays de neige, avec l’envie déjà, de revenir l’an prochain.
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